La Suisse est sur le
point de renouveler radicalement son système éducatif. Et ceci sans qu’une
véritable discussion ait eu lieu. Il est étonnant
de voir comment le monde scientifique se soumet quasiment
sans broncher au rôle que lui dicte le politique. Car,
dans ce processus, sont en jeu des valeurs qu’on ne
peut se permettre d’abandonner sans résister.
Les considérations qui suivent sont suscitées
par la perspective des effets néfastes que la réforme
actuelle du système scolaire suisse peut avoir sur
les sciences de l’éducation et la recherche
en éducation, celles-ci étant poussées
dans une position qui met en danger leur indépendance
et qui limite leur fonction critique.
Je commencerai par une
description des réformes en cours
en me limitant à la scolarité obligatoire. Ensuite,
je m’interrogerai sur l’origine et la signification
des mots-clés de la réforme actuelle. Après
avoir cherché les différences entre les standards
industriels et les standards en éducation, je discuterai
des exigences liées à la mesure des standards.
Après une réflexion critique sur ces trois points
faibles de la politique de réforme actuelle, je conclurai
avec quelques remarques concernant la professionnalité des
enseignants qui, à mon avis, subissent une pression
comparable à celle que connaissent les sciences de l’éducation.
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